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Le blog d'electric girl

Interview de Julien Bouchard #NJP2014

9 Octobre 2014, 17:22pm

Publié par electric girl

 

Dans le cadre du festival Nancy Jazz Pulsations (qui a commencé hier), j’ai interviewé mardi Julien Bouchard qui sera en live vendredi en 1ère partie du duo Brigitte et de François & The Atlas Mountains (concert complet d’ailleurs, mais je vous ferai un live report, edit : live report à lire ici).


Vous ne le connaissez peut-être pas encore son nom car il vient juste de commencer sa carrière solo (1er EP prévu pour novembre), mais vous connaissez surement des projets dont il est membre – notamment Coco Business Plan et (The) Silent Days.

 


·         Pourquoi as-tu voulu te lancer dans la musique ? Une passion familiale ? Pour les filles (comme pas mal de garçons) ?

En fait, j’ai commencé la musique assez tôt.  J’ai commencé vers 13 ans la guitare parce que j’ai adoré Nirvana, Sonic Youth, des trucs comme ça. Sonic Youth est un des premiers groupes que j’ai aimé. J’avais vu un de leur clip à la télé, du coup j’avais acheté un album et ça m’a donné envie de jouer de la guitare tout de suite. C’était le truc le plus cool du monde à cette époque pour moi. Mais je suis le seul de la famille à être dans ce domaine, mes parents n’étaient pas musiciens.


·         Ont-ils eu un peu de mal du coup à accepter ton choix de carrière ?

Au début oui par ce que ce n’était pas quelque chose d’évident pour eux.


·         Oui, ce n’était pas vu comme un métier traditionnel.

Oui, c’est ça. Et ils ont eu du mal à m’acheter ma première guitare mais je l’ai eu quand même.


·         Et au niveau de tes influences, c’est parti de Sonic Youth, Nirvana et depuis ?

Ça a pas mal évolué, je suis passé par plein de phases : à un moment donné par le punk, etc. Mais ça a toujours été dans une certaine logique. J’aime beaucoup les mélodies. Maintenant j’écoute beaucoup plus de chansons de songwriters Américains ou de pop anglaise.

 

image Hot Puma Record


·         Et est-ce que ces derniers temps tu as eu une sorte de coup de cœur musical, un nouvel artiste que tu as beaucoup aimé (en live ou en version studio) ?

Ouais, je suis devant mon ordi là donc je peux te dire ce qu’il y a dedans. Mais il y a toujours des trucs que je découvre, même si certains existent depuis longtemps. En ce moment, j’écoute beaucoup de musique des années 70 car ma copine en écoute beaucoup. Elle m’a fait découvrir pleins de trucs que je ne connaissais pas, qui sont super riches, qui ont influencé pleins de musique actuelles. Je retourne un peu aux sources en ce moment. Dans les musiques sorties ces derniers temps, il y a quelques trucs mais il n’y a pas vraiment un groupe majeur qui ressort.


·         J’ai vu que tu avais fait pas mal de projets et de collaborations avant ce premier EP solo – notamment Coco Business Plan et (The) Silent Days. Regrettes-tu maintenant de ne pas t’être lancé en solo plus tôt ?

Non car j’avais besoin de passer par ces projets pour pouvoir m’assumer sous mon propre nom. Mais Silent Days c’était quand même mon projet, c’était moi qui écrivait mes chansons et au début ça s’appelait Jules mais on a pris un nom de groupe parce qu’on sortait l’album officiellement sous un label. Une fois que j’ai commencé à prendre confiance en moi, j’ai pu me dire que mes chansons n’étaient pas si mal et commencer à envisager une carrière solo. Je me suis dit que si je voulais écrire mes chansons il ne fallait plus que je me cache derrière un nom de groupe et assumer ça totalement. Après, je continue encore Coco Business Plan. Mais maintenant, plutôt que d’avoir un nom de projet en ce qui concerne mes propres chansons, j’ai décidé d’assumer à 100% en mettant en avant mon nom.


·         Comment s’est faite la rencontre avec ton label, le jeune belge Hot puma Records ?

Je connaissais le label grâce à mes projets et collaborations antérieures. Donc ça s’est fait très naturellement.


·         Est-ce que ton processus de création musical a changé depuis ce virage solo ?

Oui car le label m’a acheté du matériel pour me faire un home studio. Du coup, je fais tout maintenant. Ça change mon processus de création car je suis plus libre. Je ne dépends plus des studios et de leurs horaires. En plus, comme je suis perfectionniste, ça me permet de retravailler autant que je le souhaite chaque note, etc. C’est cool mais ça me rend fou car je peux passer 3 semaines sur un morceau.


·         Et au niveau de la création du 1er EP et du 1er album c’est toi qui a tout fait, ou presque ?

Oui, j’ai tout fait. J’ai fait du mixage avec les personnes du label et on va faire masteriser le CD en Angleterre.


·         Avais-tu ces projets en tête depuis déjà un petit moment ? Avais-tu déjà commencé à pas mal écrire ?

J’écris un peu tout le temps, dès que j’ai des idées. Mais il me faut une deadline à un moment donné pour me pousser à aller au bout d’un projet. Si tu veux, j’écris un peu tous les jours mais souvent des choses inachevées que je laisse comme ça dans un coin. A partir du moment où l’on me dit « il faut sortir un disque à cette date », je commence à avoir la pression et à me mettre au boulot toute la journée pour enregistrer et aller au bout de ses idées-là. Je commence à finaliser les choses quand j’ai une deadline.


·         Le choix du 1er single, Color of the sound, a été fait par toi, par le label ? Pour quelle(s) raison(s) avoir choisi ce titre ?

C’est moi qui ai choisi de sortir ce titre-là en premier pour trancher un peu avec les autres projets que j’ai pu avoir qui étaient un peu plus électriques. Et comme j’apparais pour la première fois sous mon nom, je voulais avoir une image de songwriter un peu calme. Je trouvais que c’était le bon titre pour faire cette transition. Et puis, il est assez court, c’est un format pop assez standard. Je commence à passer sur la radio nationale belge et ça plait à pas mal de gens donc je me rends compte que ce n’est pas un mauvais choix, même si pour le moment il n’y a pas vraiment eu de promotion sur ce titre. Mais les autres titres de l’EP seront plus électriques.

 

 

 


·         Et tu comptes justement sur les concerts pour faire cette promotion et montrer ce changement musical ?

Oui, exact. C’est ce que je vais tester un peu ce vendredi à l’Autre Canal.


·         Tu as déjà joué dans des salles de cette taille en solo ?

Non, seulement de petites salles.


·         Donc c’est un peu un test ?

Oui, c’est un test. En plus, je serai obligé de jouer tout seul parce que je n’ai pas eu le droit de venir avec des musiciens. Donc jouer tout seul sur une grande scène c’est un peu une première pour moi. Mais dorénavant je vais jouer soit tout seul soit avec des amis musiciens, ce sera à géométrie variable. Je vais essayer de partager la musique avec tous mes potes, j’en ai pas mal musiciens. Mais ce qui est bien maintenant c’est que je peux aussi aller faire des concerts tout seul. Alors que dans mes autres projets, même si j’y allais tout seul il y avait le nom du groupe donc c’était un peu étrange.


·         Et justement par rapport au concert de vendredi, tu vas jouer en 1ère partie de Brigitte et François & the Atlas Mountain à l’Autre Canal pour la 41ème édition du festival Nancy Jazz Pulsations. Quel est ton ressentit ? Est-ce que ce sont des groupes que tu écoutes ?

Je n’écoute pas énormément Brigitte. J’aime bien quelques titres de François & the Atlas Mountain mais je suis beaucoup plus fan de Petit Fantôme, je suis content de jouer avec eux car je trouve que c’est un chouette groupe.


·         Un peu stressé du coup ?

Oui, je suis toujours un peu stressé.


·         Surtout seul sur scène, non ?

Ouais. Je serais bien venu avec un groupe mais je n’ai pas eu le droit.


·         Et pour le moment dans ton projet solo, tu préfères la partie live ou la partie studio ?

Pour le moment je suis encore dans le processus d’écriture. J’ai fini l’EP mais je suis encore en train de finir l’album. Donc je n’ai pas vraiment réfléchi à comment interpréter et adapter les titres en live. Ça se fera petit à petit, naturellement. Je vais tester des formules avec une équipe à géométrie variable, comme je te l’ai dit. Et puis je vais essayer différentes choses, comme je le ferai vendredi à l’Autre Canal. J’ai samplé quelques morceaux de batterie pour ne pas que ce soit trop nu sur scène. Mais ce sera très léger. La difficulté est que, même si les chansons sont beaucoup arrangées, il faut réussir à les faire ressortir en live avec une voix et une guitare.


·         Et pour tes projets futurs, tu veux principalement te focaliser sur tes projets solos ou tu vas continuer les collaborations ?

J’ai toujours le groupe Coco Business Plan qui va sortir un disque dans les semaines à venir sur un label parisien A Quick One Records et on va avoir du budget promo donc je continue ce projet-là. Et j’ai aussi d’autres projets en parallèle, notamment des collaborations avec des amis. Je vais continuer à aller à droite à gauche, je ne veux pas uniquement me focaliser sur ma carrière solo.


 

Un grand merci à Julien et aux organisateurs de Nancy Jazz Pulsations qui ont permis à cette interview d’avoir lieu.

 

Il sera en concert le 17 novembre au Pop (1ère partie de Double Trouble), le 18 novembre à Paris au China et le 3 décembre à l'escalier à Liège (1ère partie de Tahiti 80).

 

Live report de son concert avec Brigitte et François & The Atlas Mountains à lire ici.

Et interview de François à lire .

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wam 10/10/2014 15:47

Tres belle interview et merci pour la découverte