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Le blog d'electric girl

Interview de Mila Auguste pour la sortie de son nouvel EP

5 Avril 2016, 11:16am

Publié par electric girl

Interview de Mila Auguste pour la sortie de son nouvel EP

Il y a quelques jours, j'ai pu rencontrer l'adorable et talentueuse chanteuse corse Mila Auguste à l'occasion de la sortie de son nouvel EP le 8 avril prochain où l'on peut découvrir son univers, mélange de pop-psyché, sonorités tribales, électro classieuse et textes mélancoliques.

Comment as-tu commencé à faire de la musique ? Cela vient-il de ta famille ?

Oui, j'ai une famille mélomane, une famille d'artiste, de gens originaux je dirai. Ma grand-mère joue du piano, mon grand frère est percusioniste. Du coup j'ai un peu baigné là-dedans depuis toujours. Mais on ne m'a jamais forcée à faire de la musique, j'avais déjà cette idée (faire de la musique) en tête depuis bien longtemps. Je voulais danser, jouer de la musique.

 

Comment est né ton projet musical il y a quelques années -2011?

J'avais déjà travaillé avec d'autres personnes avec qui j'écrivais et composais. Mais à plusieurs il est toujours plus difficile de s'imposer et de faire la musique que l'on veut. J'avais des choix un peu bizarres qui ne plaisaient pas forcement aux autres. Donc je me suis dit que, pour être réellement libre dans mes choix artistiques et faire tout ce que je veux, j'allais monter mon projet de mon côté. Du coup, j'ai fait le 1er EP très rapidement : je l'ai écrit, composé et arrangé en 3 mois, on a directement enregistré. C'était vraiment le premier jet.

 

Pour ce 1er EP t'étais-tu entourée de personnes que tu connaissais déjà ?

Non, seulement de nouvelles personnes. J'ai travaillé avec un label indépendant que j'ai rencontré quand j'étais en train d'écrire les morceaux.

 

Tu ne gardes plus trop de contact avec ceux avec qui tu collaborais avant ce projet ?

Pas vraiment avec eux. Ça prend du temps de trouver les personnes avec qui on est vraiment en symbiose et qui comprennent vraiment ce que tu veux. J'ai trouvé cela avec les personnes avec qui j'ai collaboré pour mon nouvel EP.

Interview de Mila Auguste pour la sortie de son nouvel EP

Pourquoi as-tu choisi ce nom de scène plutôt que ton prénom  ? Est-ce une volonté de te cacher derrière un personnage ?

Non, je trouvais que mon prénom – Marie-Laure – était trop long et ne sonnait pas spécialement bien. Mila garde une cohérence avec mon prénom, j'ai fait une sorte de raccourci. Et mon nom de famille est Augustin donc j'ai aussi fait un raccourci et j'ai un peu voulu rappeler l'auguste, le clown.

 

L'auguste est cohérent avec ton univers qui est très visuel. Est-ce un aspect que tu as toujours voulu travailler ?

Oui, j'ai toujours voulu mettre en avant le côté visuel de ma musique même si je ne l'ai pas fait tout de suite, sauf avec le clip de Help Myself. C'est vraiment grâce à ma rencontre avec la réalisatrice Margot Malingue que j'ai vraiment commencé à exploiter cela. Je fais maintenant de la vidéo toute seule et travailler avec des personnes comme celles-ci m'ouvre des portes. J'essaye de développer de plus en plus cet aspect car je trouve que cela va de paire avec ma musique qui est assez dense et où il y a beaucoup d'influences : je tente de poser une image dessus pour que le public ait une sorte de repère visuel.

 

On repproche pas mal à certains artistes actuels de n'être que dans l'image et de ne pas avoir vraiment de fond derrière. Est-ce un sujet qui te préoccupe ?

Pour le moment ; on ne m'a jamais fait de remarque à ce sujet. La seule chose que l'on pourrait me repprocher est que les clips que je fais actuelement sont très poétiques et n'ont pas forcement d'histoire très définie, c'est très figuratif ou symbolique – je m'inspire beaucoup de tout ce qui est folclore africain et japonais. Il y a une lecture, un fil conducteur mais on ne peut pas trouver le sens au premier coup d'oeil. Mais c'est un choix pour le moment. J'aime laisser de la place au public pour imaginer ce qu'ils veulent. On m'a dit l'autre jour que c'était « hors du temps » et c'est une idée qui me plait assez, que chacun se fasse sa propre intérprétation selon sa vie, ses influences etc. Pour mon prochain clip, je ferai peut-être quelque chose de plus narratif mais pour l'instant ce n'est pas ce que je souhaite faire.

Interview de Mila Auguste pour la sortie de son nouvel EP

Comment définirais-tu en quelques mots ton style musical ?

C'est assez compliqué de définir cela mais je pense que ma définition serait un tableau tribal moderne.

 

Tu reviens le 8 avril avec un nouvel EP de 4 titres. Comment s'est passé le processus de création ?

Généralement, la mélodie vient en même temps que les instrus : je vais sur un clavier, je cherche un son qui me plait, j'ai une phrase mélodique avec un bout de texte et je pars de là pour composer le reste. J'ai fait des maquettes que j'ai fait aboutir le plus loin possible avec pas mal d'arrangements – j'aime bien rajouter des cordes, cuivres, etc, essayer d'aller le plus loin possible de là où je peux aller techniquement, c'est ce que je sais faire et ça me permet de rester honnête avec qui je suis. Ensuite mon éditrice m'a présenté Pav -Pavle Kovacevic (Sébastien Tellier)- et Flo -Florent Livet (Cassisus et Phoenix). Ils ont adoré mon univers et n'ont jamais essayé de m'emmener ailleurs de là où je voulais être et c'est ce que je recherchais : quelqu'un qui m'emmene mieux et plus loin que ce que je peux faire mais qui ne me sorte pas de ma route. Ils ont rapidement compris ce que j'étais, ce que je voulais faire. Et c'est génial d'avoir quelqu'un qui ne juge pas et qui te dit « ok, c'est bien mais on peut faire mieux ». J'avais fait un test avec quelqu'un d'autre avant et j'avais l'impression de ne pas être moi-même. Il voulait me faire faire quelque chose qui ne correspondait pas à ma musique. Et je n'ai pas envie de montrer autre chose que ce que je suis. Donc ça n'a pas fonctionné. C'était une mauvaise expérience mais heureusement Pav et Flo sont arrivés et ils sont humainement géniaux et très doués donc ça s'est très bien passé.

 

Du coup, c'est toi qui avais demandé à changer de collaborateur ?

C'était un comme un accord. On est allé jusqu'à la moitié du chemin et on a vu que ça ne marchait pas donc on s'est dit qu'on ferai mieux de s'en tenir là. Mais c'était une expérience et je sais maintenant qu'il faut directement que je fasse comme je le sens sans me laisser diriger vers une voie artistique qui n'est pas la mienne. C'est un peu comme dans les relations humaines, il ne faut pas se laisser bouffer : quand un des deux ne s'y retrouve pas, il faut partir.

 

Les 4 titres de l'EP ont-ils été créés pour l'occasion ou se sont d'anciens titres que tu as voulu ré-exploiter ?

Ce sont de nouveaux titres composés sur environ un an. On a enregistré en février dernier si je me souviens bien donc je les ai écrites l'année qui précédait. J'en avais écrites pas mal et on a fait une sélection en studio. Donc j'en ai d'autres qui attendent patiemment et je suis en train d'écrire pour la suite.

 

Et justement en parlant de composition, tu es ce qu'on pourrait appeler une chanteuse à texte, même si tu accordes beaucoup d'importance aux mélodies. Quelles sont tes principales inspirations quand tu composes ?

Tout ce qui m'entoure, mes voyages (elle a notamment vécu en Côte d'Ivoire), les personnes que je cotoye, les histoires que l'on me raconte, ce que vivent mes proches et qui me touche. On vit un peu tous les mêmes histoires (couples, rencontres, etc) donc on peut facilement s'y identifier. J'écris presque uniquement à la troisième personne parce que je raconte des histoires qui sont arrivées à d'autres personnes. Ce sont surtout des guerres intérieures ou des combats humains et j'avais envie d'avoir un regard bienveillant, lumineux et positif sur ces histoires.

 

Tu as travaillé avec Jessi Lumbroso qui s'occupe notamment de Christine & The Queen et je trouve que ton premier single a un petit côté C&TQ. Est-ce une artiste qui t'inspire, à qui tu peux t'identifier ?

Non, je ne me reconnais pas du tout en elle mais je peux comprendre que nos démarches peuvent parfois se rejoindre : une création indépendante, complète.

 

Le côté visuel aussi avec le clip. Pas au niveau de la danse mais les fonds monochromes par exemple sur certains plans.

Peut-être oui mais j'essaye d'aller plus dans la matière, d'apporter une touche plus tribale. Je n'arrive pas forcement à voir le rapprochement mais je peux comprendre qu'on le fasse comme elle envahit un peu le spectre musical français, c'est devenu un peu la référence. Mais ce n'est pas une inspiration pour moi. Je n'écoute pas de musique et ne regarde pas de clip avant de composer ou de réaliser pour rester le plus libre possible.

 

Du coup, il n'y a pas vraiment d'artistes qui t'inspirent particulierement quand tu composes ?

Si parce que j'ai forcemenr écouté des choses avant qui me restent en tête mais c'est très varié : aussi bien de la musique africaine que Florence & The Machine, Lykke Li, William Sheller ou des percussions balkaniques.

Je ne me demande pas « qu'est-ce qui a fonctionné pour les autres ? » mais plutôt « qu'est-ce qui va me donner des frissons et me faire dire que ça change ? ». Je n'ai pas la prétention de dire que je ré-invente la musique mais on cherche forcement en tant qu'artiste à créer quelque chose qui change, qui ne s'est pas déjà trop entendu, un peu différent, c'est ce qui rend la composition intéressante. Après, c'est sûr qu'on retrouve forcement des similitudes. Mais j'écoute du Die Underwood et ça ne se voit pas dans mon EP (rires).

 

Et as-tu eu des coups de cœur musicaux ces derniers temps ?

Ce n'est pas tout nouveau mais jécoute beaucoup Lianne La Havas en ce moment, son album d'il y a deux ans je crois, je la trouve incroyable. J'aime aussi beaucoup Sage qui vient de de sortir un EP très cool. Et je viens de découvrir une artiste géniale qui s'appelle Bessa.

Interview de Mila Auguste pour la sortie de son nouvel EP

Quels sont tes futurs projets ? Souhaites-tu te focaliser sur ton projet en tant que Mila Auguste ou comptes-tu te lancer dans de nouveaux projets, collaborations ?

Je rencontre des personnes pour des collaborations mais je me concentre surtout sur mon projet. On me propose pas mal de choses donc je vais approfondir ces pistes. La prochaine étape est la sortie d'une reprise que j'ai faite et un nouveau clip sur un des titres de l'EP. Et quelques conerts. Pour le moment je n'ai pas de tourneur donc c'est un peu compliqué de trouver du temps pour organiser cela et la gestion des réseaux sociaux donc ça se planifie petit à petit. Il y a le 27 mai au MGO Barbara. Et je vais aussi me mettre à la planification pour les festivals de l'été.

 

Tu parlais des réseaux sociaux, est-ce un moyen de communication qui est très important pour toi actuellement ?

J'ai un peu de mal parce que j'ai une certaine pudeur un peu ridicule à étaler ma vie sur les réseaux sociaux. Après, je comprends la curiosité des gens et leur volonté d'en savoir plus sur les artistes qu'ils écoutent, de voir comment ça se passe dans certains milieux. Mais j'ai encore un peu trop de pudeur pour montrer tout. Je le fais petit à petit de manière indirecte, en parlant de mes insiprations, en faisant des petits teasers vidéos. Ça reste tout de même de l'art pour moi et je me dévoile quand même plus que dans mes clips. En clair, c'est plus tourné autours de mon art que de ma personne. Je ne vois pas l'intérêt de dire ce que j'ai mangé ou autre. On est dans un milieu où on est toujours à la recherche d'images donc c'est sympa de partager cela avec le public, c'est très enrichissant pour tout le monde. C'est la voie vers laquelle je dois aller et je m'y mets petit à petit. Je suis sur Instagram depuis 3 jours donc je suis assez lente pour développer ça, d'autant plus que c'est extremement chronophage mais ça a ses bons côté : je voyage un peu grâce à ça, découvre de nouvelles choses.

 

Y-a-t'il une collaboration, un concert que tu souhaiterais vraiment faire ?

J'adorerais jouer avec Gotye . Je l'avais vu en concert et il est vraiment incroyable, il a une créativité dingue. Le duo que tout le monde connait était bien mais le reste de son album est d'une richesse incroyable. C'est un bosseur, un mélodiste. Sinon, il n'y a pas un lieu spécialement où j'aimerais jouer, je veux juste partager et rencontrer des gens.

 

Et jouer en Côté d'Ivoire ?

J'aimerais beaucoup ! Ce serait magique d'y retourner. On m'a aussi parlé de l'Afrique du Sud où le public serait très friant de ce type de musique et j'aimerais bien jouer aussi là-bas.

L'EP est déjà en pré-commande. Toutes les infos ici.

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Carine 10/05/2016 13:47

C’est une belle interview. Je pense que cette artiste a beaucoup de talent et qu’elle ira très loin dans le monde de la musique.